Jules Renard disait : " Je me suis mis à l'écriture, car c'est la meilleure façon de parler sans être interrompu" ( fin de citation) .

Oui ! mais écrire un livre est très difficile et demande beaucoup de temps. C'est un exutoire pour certains; une activité artistique et intellectuelle intense pour d'autres. Mener une oeuvre à son terme est une entreprise malaisée et périlleuse pour celui qui veut en faire une activité professionnelle. Car enfin, pour nous aussi les dilettantes de la plume, la continuité du plaisir d'écrire c'est aussi bien entendu... le plaisir d'être lu.





couverture : Peinture de DUNG


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extrait de "l'épine des anges"


La ville d'Aix en Provence, fière de son cours Mirabeau orné de multiples fontaines et bordé de somptueux hôtels particuliers, s'enjolivait à ce jour d'une nouvelle parure. En cette belle matinée de printemps, la fête des rosières battait son plein. Jeanne venait d'être élue la plus vertueuse, la plus pure, mais surtout la plus jolie des jeunes filles de la commune. Outre la chasteté exigée, une très bonne éducation et une grande dévotion pour la religion catholique, l'adorable minois de la jeune fille avait immanquablement fait la différence ; Car les critères de qualité d'âme aiment à s'accompagner de la beauté du corps ; Et les membres du jury qui donnent leurs voix pour ce genre de manifestation en connaissent de longues dates les principes arbitraires. Jeanne était manifestement et sans conteste la plus jolie des candidates. Sa flamboyante chevelure blonde ceinte d'une magnifique couronne de roses seyant à la gagnante, ondulait doucement sur ses frêles épaules. sa belle robe blanche cousue de dentelles confondait la peau immaculée, pure et laiteuse de la jeunette. Le blanc, symbole de la pureté, était à l'honneur. Seuls la couronne de roses et les fins escarpins du même ton rosâtre que les fleurs, ajoutaient un peu de couleur à celle de l'innocence. L'adolescente qui n'avait pas encore seize ans, ne pouvait cacher une forte émotion que trahissaient ses joues subitement rubicondes. Mais maintenant, Jeanne riait d'allégresse. Son petit nez frétillait de bonheur. Ses yeux azurs pétillaient et s'enorgueillissaient du monde qui l'entourait. Les perdantes la félicitaient plus ou moins hypocritement. Mais Jeanne était sur son petit nuage. Le jury applaudissait. Les badauds criaient longue vie à la princesse d'un jour. A ses côtés, les parents de Jeanne lui susurraient des gentillesses. La foule lui souhaitait en coeur tout le bonheur du monde. C'était le plus beau jour de sa vie. Oui, le plus beau jour...




Réminiscences et digressions en trois temps
ou
les petites aventures insignifiantes
d'un promeneur solitaire
suivi de
notes et anecdotes.


















J’aime la nature pour ce qu’elle est ; sauvage, spontanée, artiste. Oui, artiste ! Quelle âme assez hermétique et dépourvue de sensibilité ne s’émerveillerait pas devant un champ de coquelicots, un sentier aux couleurs automnales, une montagne enneigée ; cette nature aux milles visages que l’on découvre ou redécouvre au fil des saisons ; cette nature qui nous émeut par la diversité de ses parures ; celle-ci encore qui a maintes fois inspiré les poètes, assouvi l’extase des grands peintres ou guidée la plume des écrivains.
Ici, les promenades solitaires au sein de cette nature serviront de prétexte ou plus exactement de fil rouge aux propos de ce livre. De part sa conception, cet ouvrage ne peut avoir de début ni de fin ; car chaque pas de l’auteur, à la recherche du silence, de la quiétude, de la pureté de son environnement, le ramène presque immanquablement aux réminiscences parfois touchantes, parfois spirituelles, parfois réjouissantes ou drolatiques de son passé. Une marche en rétrospective…vers sa destinée.


EXTRAITS DU LIVRE

extrait de "historiettes anecdotiques"

Comme tous les matins, sauf les fins de semaines, mon grand-oncle prenait le train. Pourquoi ? afin de se rendre tout simplement à son travail. A quelle heure ? je ne l'ai jamais demandé. Je decidai alors de trancher la question aussi promptement que fut le noeud gordien en son temps. Donc ne tergiversons pas. En hommage à courteline, on dira que mon grand-oncle prenait "le train de 8h47".
Ouf ! l'affaire est faite. De toute façon, cela a bien peu d'importance. Une seule chose en avait ; bafouer l'honnêteté de mon grand-oncle. Il ne pouvait souffrir qu'on en doutât. C'était un homme droit et vertueux, impossible à corrompre où à détourner de ses idéaux. Seule sa femme y parvenait...


extrait de "en vrac"

A l'instar d'un Joseph Louis Lambot, inventeur du béton armé ; d'un William Prout, biochimiste travaillant sur les gaz ; d'un Gaspard Ricard, pris d'une forte soif, lui apparu St Joseph; ou d'un Tom Hicks, imbibé d'alcool mais vainqueur du marathon en 1904, je croisais un jour, au cours de mes promenades, un édifice baptisé sur une de ses façades : Jean Hamburger.
Quand je m'aperçus que l'édifice en question était un hôpital, j'ai pu douter un instant de la saine origine des produits alimentaires distribués par les fast-food qui fleurissent un peu partout dans nos contrées occidentales, et maintenant mondialement reconnus comme d'utilités publiques par la génération montante.
De la même origine outre-atlantique, le chewing-gum n'en est pas moins populaire. De cette gomme à mâcher dont certains font usage, comment ne pas percevoir, essentiellement chez nos adolescents, à leur fougueuse mastication, une connivence avec nos ruminants préférés dont un simple regard peut donner, à nous pauvre hère, une idée plus précise de l'incommensurabilité du néant. Du bovin ou plutôt de l'adolescent, occupé à l'exagération mouvante de ses maxillaires, peut allégoriquement se peindre un tableau considérément intitulé : " le simple ".
Car ici aussi je ne peux empêcher une évidente et intentionnelle mauvaise foi à l'égard des curiosités de patronymes prédestinés.
Mais ne nous méprenons pas !
A cela, monsieur William SEMPLE, inventeur du chewing-gum en 1869, s'en tire formidablement bien d'une toute petite voyelle.



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Album photos

Photos macro d'insectes, de fleurs sauvages et de paysages du haut-var.



Ce livre inclassable pourrait se ranger dans une rubrique pompeusement intitulée : « Concept thématique, alphabétique et fragmentaire de textes choisies sur la littérature du XIXème siècle et antécédents du monde réel ou romanesques en structure réaliste sur le comportement humain, animal ou inerte, dans ses inepties, ses curiosités, son génie, ses craintes, ses ruses, ses coutumes, ses peurs, ses amours, ses mensonges, sa vie et touti quanti ».

Aussi, je vous vois subitement circonspect. Pas d’inquiétude, car il n’est en rien une analyse ou une étude des plus ennuyeuse sur le sujet. Je me suis plus simplement attaché pour ce livre à repérer, au fil de mes lectures, des textes aux récits authentiques ou romanesques, tirés d’une certaine réalité de la vie et de la condition humaine, et qui me paraissent intéressants à reproduire ici. On y côtoiera des auteurs connus (mais qui n’ont pas été forcément lus), et surtout moins connus dont les œuvres (pour la plupart comprises entre le XIXème et le début du XXème siècle) ne sont plus ou peu rééditées.

Dans le vaste champ de tous ces romans, essais ou autobiographies, des paragraphes s’offrent de temps en temps en historiettes anecdotiques, avec une sorte de début et une « fin ». Ces textes choisis, faisant pourtant parties intégrantes de grands romans, donnent ici l’impression de lire une réflexion sur un sujet, une anecdote ou une nouvelle avec presque une chute, à contrario d’un passage choisi au hasard (ce qui n’aurait aucun intérêt).

On pourra aussi rencontrer de temps à autre des textes complets mais assez courts pour y figurer, comme par exemple une chronique d’Alphonse Allais, auteur connu, mais dont les textes se perdent au milieu d’autres innombrables, et donc pas nécessairement lu ou alors oublié.

Tout ces extraits ou textes complets sont classés par catégories thématiques comme, par exemple : la médecine, le commerce, l’amour, les femmes, l’argent, etc.

Ces thèmes, par surcroit, nous intéressent plus particulièrement, car ils font parti intégrante de la vie quotidienne de chacun d’entre nous.

Ce livre (évidement loin d’être exhaustif mais que l’on peut prendre à titre pédagogique tout autant que d’une littérature pour personnes pressées) est aussi écrit dans l’espoir que ces extraits anime l’envie de lire un livre en entier, à l’instar du « don Quichotte de Cervantes » (qui fourmille de textes dans le texte) et que tout le monde connaît, mais que finalement peu de personne ont lu dans son intégralité.

Je vous souhaite bonne lecture en appréciation de la verve littéraire de ces écrivains, architectes de la plume, et laisse lâchement aux auteurs la responsabilité de leurs propos.

Nota bene : toutes les œuvres ici reproduites sont libres de droit et entrées dans le domaine public, soit 70 ans après la mort de l’auteur conformément aux lois françaises.